Le journal d'Ealdor

Bienvenue au village de Clairval, et ses alentours sauvages...
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dupuisfrederic
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Le journal d'Ealdor

Message#1 » 17 janv. 2018, 17:04

Journal d’EALDOR

Le silence est d’or dans le temple des anciens. Nul bruit ne vient déranger la concentration des moines dans ces monts reculés. Notre seule compagnie est la musique chantante du vent, dans le battement d’ailes d’un oiseau, son frôlement entre les arbres, sa caresse sur les feuilles.
Mon esprit se sent enfin reposé après tant de sang et de haine le mois dernier. Suite à cette terrible guerre face aux orcs, mes compagnons et moi-même avions besoin de répit – et me semble-t-il, bien mérité. Pour ma part, la solitude des montagnes fut mon refuge ; La forêt fut celui de Geld et de Grydin. Quant à l’homme et au gnome, ils s’en allèrent respectivement aux côtés de nos sauveurs Krush et Jharoom.
Des semaines plus tard, lors de ma prière matinale du vénérable Dieu du Vent, je sentis du plus profond de mon être que ma retraite venait de sonner son glas. L’appel de mes frères d’armes venait de résonner, et je me devais d’y répondre. C’est avec une quantité de rations savamment calculée – je me permis un petit excès en cueillant sur le passage des cerises – que je quittais le temple.
Après plusieurs courses du Soleil, le village de Clairval m’apparut enfin. Et sûrement que le même glas avait sonné pour tous, car je retrouvais avec une joie non feinte mes compagnons : notre Toupie-De-La-Mort, le redoutable spadassin Éric ; Celui-Qui-Commandait-La-Forêt, l’éminent druide Geld ; Celui-A-Qui-On-Ne-Peut-Echapper, le noble Grydin, Elfe sylvain ; et enfin le puissant ensorceleur Istoc Celui-Au-Gros-Nez-Mais-Dont-Il-Ne-Faut-Pas-Se-Moquer.
Je ne tiens pas à avoir la gloire, mais l’honneur. Et si nos noms doivent résonner aux quatre coins du monde, je tiens à rendre justice à mes compagnons en ayant le privilège de leur offrir ces nobles surnoms. Et si mon nom devait être cité, j’ai une préférence pour L’infatigable Moine Elfe sylvain, Les-Mains-Dévastatrices.
Nous nous retrouvâmes dans de grandes accolades, et plus petites pour ceux de moins d’un mètre, mais le cœur y était tout autant. Nous avons décidé de festoyer chaleureusement à la taverne de Clairval. Bien que j’eusse fait une sage morale – à laquelle impossible de ne pas y adhérer – mes amis burent à outrance. Je m’en tins à l’eau et notre soirée fut une réussite – malgré que je dusse les porter à leur lit.
Soudain, des hurlements perturbèrent la tranquillité matinale. Nous nous empressâmes de sortir et de découvrir avec stupeur que des squelettes envahissaient le village. Toujours prêts au combat, nous défendîmes Clairval, mais nous étions désavantagés, car acculés contre une cabane. Nous admirâmes alors Istoc qui souleva un abreuvoir et… Le fit retomber sur nos compagnons.
Je crois que c’est à ce moment-là qu’un déclic se produisit chez notre ensorceleur. Las, fatigué, enragé et désespéré de toutes ces maladresses – plus d’une fois il entama la vie de nos frères d’armes dans le passé, à peu près autant d’ailleurs que celles de nos ennemis – il se mit à incanter comme jamais encore. Sa voix résonna d’outre-tombe, le sol subissait des tremblements, l’air commençait à crépiter quand… Il relâcha toute la tension et créa une immense colonne d’électricité qu’il abattit sur les squelettes, qui s’effondrèrent aussitôt. Bien qu’ébahi par tant de puissance, je ne pris par le temps de le féliciter. J’avais remarqué que pendant la bataille, Geld avait réussi à s’esquiver pour aider un villageois, laissant son fidèle loup Rufus à nos côtés. Je vins au plus vite lui prêter main-forte pour abattre le dernier ennemi.
Une fois ce petit détail réglé, je fus étonné par le fait que seul Istoc était en train de venir à nous. Et quelle ne fut pas notre surprise de découvrir que Rufus gisait à terre, inconscient, sans personne pour lui porter assistance. Grydin sortit tout sourire de la taverne avec une chope de bière à la main, et Erik qui s’était éloigné du combat pour reprendre des forces revint lentement.
Geld se jeta sur son loup, et le sauva in-extremis des bras de Morn, Dieu de la mort et du passage dans l’au-delà. Une fois Rufus conscient, un silence de mort s’abattit sur le groupe. Moi qui n’étais pourtant pas rancunier de nature, un tel affront, un tel manque de loyauté me coupa même l’envie de faire des reproches. Nous laisser combattre seuls était déjà répréhensible, mais laisser Rufus se vider de ses forces – après tout ce que nous avons vécu ensemble – était impensable. Geld jeta un regard d’une rage sans nom, et Éric et Grydin se confondirent en excuses.
Bien que cela jeta un grand froid sur notre amitié, l’improbabilité que des squelettes attaquent le village nous revint à l’esprit. Il fallait au plus vite comprendre la cause d’un tel mystère. Nous suivîmes les traces au sol qui nous menèrent au cimetière, où vous vîmes avec effroi que les tombes avaient été excavées de l’intérieur.
Pendant que Geld et moi-même allions vérifier si les squelettes avaient fui par une autre sortie, nos trois compères allèrent à la cabane du gardien. Quelques instants plus tard, un cri résonna dans ma tête « Putain, de l’aide ! ». Il ne nous en fallut pas plus pour accourir, car seul Istoc avait le pouvoir de transmettre des messages mentaux. Arrivés sur les lieux, tout ce que je vis fut au sol trois goules grillées, et Éric paralysé, mais heureusement en vie. Grydin m’expliqua que les monstres avaient sauté sur Éric, qui avait été paralysé par une de leur morsure. Grydin encocha de nombreuses flèches et Istoc refit alors son sort dévastateur qui laissa une délicieuse odeur de chair putréfiée grillée à point.
Décidément, toutes les tombes retournées, une petite armée de squelettes et de goules… De la joie et de la bonne humeur à s’ensuivre. Nous suivîmes à nouveau les traces de la troupe qui se dirigeait au Nord. Après des heures au petit pas de course, je remarquais que mes compagnons s’étaient arrêtés quinze mètres derrière moi. Etonné, je compris alors qu’il n’avait pas mes dons de vitesse et légèreté. Et que donc, un rivière d’une dizaine de mètres était un obstacle pour eux. A l’aide d’une corde je les aidais à traverser. Tous passèrent, mais les mains de Grydin glissèrent sur la corde, et avec tout son équipement, il coula à pic. De ses gestes habiles de pouvoir, Istoc nous fit revenir à la surface Grydin, suffocant et recrachant l’eau de ses poumons.
Nous poursuivîmes notre chemin – trouvant au passage des chaumières détruites, preuve du passage de l’armée – jusqu’à la tombée du jour, où nous trouvâmes une cabane. Nous en profitâmes pour y manger, dormir et récupérer nos forces.
J’en profite ainsi pour écrire sur ce bout de parchemin nos aventures.
Le lendemain matin, nous repartîmes tôt à la poursuite des morts. Nous arrivâmes dans une partie de la forêt qui me fit ressentir une désagréable sensation. Nul oiseau en vue, un silence pesant y régnait, et le sol grouillait d’insectes méprisables. Istoc, notre ensorceleur, nous révéla qu’il sentait un trouble dans la magie, quelque chose de profondément dérangeant. Nous observâmes alors au centre de cette forêt une tour. Haute d’une dizaine de mètres, elle était dépourvue de fenêtres.
Dans un silence annonciateur de mauvais présage, nous pénétrâmes dans la forteresse. Nul bruit, nul signe de vie, comme si elle avait soudainement cessé des années auparavant. C’est alors que j’entendis un bruit qui parut assourdissant dans ce calme. Puis, quelques secondes plus tard, la porte grande ouverte par laquelle nous avions pénétré était maintenant scellé par une épaisse herse qui venait de s’abattre avec un grand fracas. Nous fûmes transis d’effroi, mais particulièrement Erik qui tenait dans sa main la corne d’une statue, légèrement déplacé. Sa mine déconfite et coupable nous suffit pour nous assurer que si nous étions enfermés, c’était bel et bien sa faute.
Par la force des choses, nous continuâmes notre progression. Erik, dans sa maladresse, avait trouvé une clef singulière, avec un embout triangulaire. Nous comprîmes qu’elle servait à ouvrir une trappe en dessous d’escaliers, mais trois serrures étaient présentes. Sûrs de l’absence de monde, nous nous séparâmes et visitâmes les différents étages. Au premier étage, malgré notre grande dextérité, un coffre nous résista. Nous laissâmes les talents de voleur d’Erik faire leurs prouesses : il fut fracassé à grande joie par notre pseudo voleur – c’est qu’il avait de sacrées techniques. Une partie du trésor avait été abîmé et inutilisable – des fioles et un parchemin – mais nous récupérâmes une dague magique ainsi qu’une cape d’elfe. Istok trouva un livre et se perdit dans la lecture.
Le troisième étage possédait une grande bibliothèque. Tandis que je montais les escaliers vers le dernier étage, je pense que j’avais perdu un brin de mon intelligence. Car, persuadé d’être seul, je me retrouvais face à un spectacle mortifiant. Un monstre, forme humaine, mais avec la peau sur les os, se dressait au milieu d’un pentacle, psalmodiant avec une voix profonde et terrifiante. Son regard me transperça et malgré son flot continu de paroles, il me sourit diaboliquement.
Imaginant n’avoir aucune chance seul, je descendis quatre à quatre les marches pour hurler aux étages inférieurs qu’un nécromancien se trouvait en haut. Je remontais en vitesse, mais le temps de prévenir mes compagnons, il avait pu se préparer. Une barrière invisible nous empêcher de l’approcher, et il anima par magie deux statues de pierre. Le temps de combattre, notre adversaire s’était transporté dans un autre lieu. C’est là qu’Erik et Istok nous apprirent que le magicien était Sigmeus, un nécromancien qui avait déjà attaqué par le passé Clairval, mais qui avait échoué face à des héros dont Rodrick, Maella et Felindra faisaient partis.
Enfermés, sans aucune issue de secours, nous décidâmes de mettre la main sur les deux autres clefs pour ouvrir la trappe. Nous fouillâmes de fond en comble toutes les pièces, vainement. Dans la bibliothèque nous découvrîmes sur les murs des peintures relatant un combat entre deux sorciers, dont l’un, pour gagner, s’engagea dans des voix obscures. C’est finalement en ouvrant un livre ensorcelé, qui nous libéra une violente tornade dans la bibliothèque, que nous découvrîmes un fond caché, contenant la seconde clef. Après plusieurs heures de recherches infructueuses, Geld eu un éclair de génie en pensant aux objets récupérés dans le coffre, dont une bougie avec des inscriptions magiques. En la découpant, il mit la main sur la dernière clef. Nous ouvrîmes la porte, qui menait sur un sous-terrain.
Il était parsemé de herses, avec à son entrée cinq leviers. Istoc nous sauva grandement la mise en trouvant la carte des sous-sols cachée derrière une pancarte. Je restais à l’entrée avec Geld, pendant que nos trois amis s’engouffrèrent dans les profondeurs. Après de nombreux essais, nous comprîmes qu’il existait un mécanisme logique entre la couleur des pastilles à côté de chaque grille et les leviers. Heureusement qu’Istoc avait son pourvoir de « murmures dans le vent », ce qui nous permis de discuter entre nous, et donc de résoudre l’énigme. Malheureusement, il n’y avait pas que de simples exercices de réflexion : ils furent confrontés à des araignées, des illusions, des damiers aux lances mortelles, …
Une salle retint particulièrement notre attention. Au début du labyrinthe, il existait une pièce vaste, haute de plusieurs mètres. Sur le plafond ainsi qu’en hauteur sur les murs, on observa des gargouilles comme figés dans la pierre, mais prêtes à se défaire de leurs entraves au moindre mouvement – aux dires d’Istoc. Au centre, il y avait un promontoire avec une cloche en verre, et une statue à l’intérieur. Nous décidâmes de poursuivre notre chemin et de regarder de plus près après avoir mieux fouillé.
Comme plus personne n’était dans la tour, nous décidâmes que je pusse laisser Geld seul avec Rufus et rejoindre le groupe dans le sous-terrain. L’exploration était difficile et lente, et c’est Erik qui nous permis une grande avancée. Il fut intrigué par le locus d’une fosse à pique, et lança des poignées de poudre… Qui lévitèrent au niveau de ses pieds. Notre roublard ne se laissa pas berner, et nous trouva ainsi – à l’aide de la perspicacité d’Istoc – un passage secret, bien plus sûr. Nous trouvâmes en parallèle un coffre, contenant une belle somme d’argent, que nous dévalisâmes, bien entendu.
Je ne suis pas un chapardeur, mais voler un nécromancien, c’est sûrement récupérer de l’argent sale. Donc, on peut considérer que c’est une bonne action – ou tout du moins, pas du vol.
Nous continuâmes par le passage, qui nous mena à diverses salles, dont une composée de statues à énigmes. La résolution complète eu pour conséquence une ouverte totale des herses, heureusement que nous avions quelques cerveaux, en particulier Erik et Grydin. Nous reprîmes le passage secret pour aboutir à la dernière pièce. Elle était la plus grande, composée d’un gouffre, rempli d’eau bouillante. Large de plus de soixante mètres, on pouvait apercevoir d’autres entrées possibles et un promontoire collé au mur droit, avec une statuette dans une cloche, ressemblant étrangement à celle déjà observée. Mais aucun moyen de parvenir à ce bout de roche, sans être canardés par des flèches envoyées de l’autre bout de la salle par des squelettes, eux aussi installés sur quelques roches dépassant du mur.
Après avoir réfléchi, nous concoctâmes un plan pour récupérer les deux statues, que nous imaginions avoir de l’importance. En effet, la lecture du livre d’Istoc nous appris que Sigmeus, le nécromancien, avait étudié la magie noire. Et, pour accéder à l’immortalité, il sépara son cœur astral de son corps, et le protégea fortement. Les statues, après l’examen de Grydin, se révélaient en effet être des répliques de cœur humain. Elles étaient donc la clef, il fallait les détruire – nous en pensions un factice, une sorte de leurre – pour rendre à nouveau mortel notre ennemi.
Nous tentâmes la première statue dans la salle la plus proche, avec les gargouilles inanimées. La préparation de notre plan pris du temps car nous n’étions pas tous d’accord de la marche à suivre. J’allais obtenir l’unanimité quand je proposais à Istoc que je serais celui qui irait récupérer la cloche, car le plus rapide de l’équipe ; ce qui me semblait le plus logique, car cela assurait le moins de risque à notre groupe. Cependant, nous n’eûmes finalement pas le loisir de nous préparer, car las de nos paroles, Erik se dirigea vers la cloche. Il ne fallut que le poids d’un pied quand il monta sur le promontoire pour que d’horribles sons sortent des bouches des monstres aux murs, qui commencèrent à se mouvoir.
Elles furent rapidement sur nous, possédant des ailes qui leurs permettaient vitesse et fluidité. Nous étions désorganisés, ce qui leur permis de nous infliger énormément de blessures, laissant Geld au bord de la mort. Nos râles de douleur ruminaient contre Erik et sa témérité. Ils nous avaient mis dans une situation risquée et il en paya le prix de sa propre vie, tombant inconscient en plein combat. Nous détruisîmes les dernières gargouilles in extremis et sortîmes du sous-terrain en piteux état, sortant un Erik inanimé. Lui administrant une potion de soin, il revint à lui quelques instants plus tard, gagnant gratuitement une taloche de ma part.
Il avait risqué nos vies à tous plutôt que d’attendre de trouver le meilleur plan. Je ne savais si la déesse Aurilla nous avaient soutenus, mais nous étions encore tous vivants, et avec une première statuette. Nous reprîmes des forces avec des potions et repartîmes immédiatement en quête de la seconde statuette. Nous la récupérâmes bien plus facilement, avec un bouclier créé de toutes pièces nous protégeant des tirs fléchés et par le sort de lévitation d’Istoc. Je préférais vivement cette option à celle où je devais courir sur les murs, me risquant aux nombreuses flèches pour récupérer la cloche. Heureux d’avoir réussi ces exploits, nous ne nous fîmes pas priés pour quitter le labyrinthe.
Retrouvant enfin l’air libre, nous en profitâmes pour détruire les cœurs dans un même temps. Erik détruisit le leurre, mes mains d’aciers se chargèrent de celui du nécromancien, qui saigna abondamment avant de devenir poussière. Un long silence s’ensuivit, dans l’attente d’une quelconque représailles. Quand il n’en fût rien, nous décidâmes de mettre de côté nos blessures pour rattraper Sigmeus qui avait une rancœur sans nom contre Clairval.
Après des heures de courses, nous débouchâmes face au château de Rodrick dévasté et brûlant. Nous allâmes encore plus vite vers les palissades du village, craignant d’avoir trop tardé. Arrivés au centre du village, nous vîmes qu’il était déjà aux mains de Sigmeus. Le reste des villageois encore debout – surtout femmes et vieillards – était retenus dans un coin. Au centre se tenait le nécromancien dans un pentacle, encore en train d’incanter, avec de nombreux corps d’enfants inconscients à ses pieds. Il aspirait leur énergie vitale, et pour se protéger, il y avait entre lui et nous deux trolls et une dizaine de morts-vivants.
Quand Sigmeus nous vit, il ordonna à ses sbires d’attaquer en priorité Istoc. L’heure du combat final avait sonné, et il n’était pas grandement en notre faveur avec notre fatigue générale. Nous ne lâchâmes rien pour autant et nous lancèrent sans hésitation.
Istoc était en difficulté car les trolls, haut de trois mètres, ne le lâchaient pas d’une semelle. Je tentais de l’aider du mieux que je pouvais mais j’étais persuadé que ce n’était pas la solution. Je hurlais à mes compagnons de tuer les morts-vivants et d’essayer d’atteindre Sigmeus. Les trolls et morts-vivants étaient sûrement contrôlés par ce dernier et sa déconcentration – voire sa mort – jouerait grandement en notre faveur. Erik s’occupa d’un troll quasiment à lui tout seul, cependant ils possédaient un don de régénérescence, qui les rendaient invincibles. Pour les achever, il fallait les faire brûler, et en cet instant même, il nous était légèrement impossible de faire un bûcher. Malgré les coups que nous prenions, Geld et Istoc arrivait à garder la concentration des trolls sur eux ; ce qui nous permis, Erik, Grydin et moi-même de viser la garde personnelle de morts-vivants de Sigmeus, voire même de l’atteindre lui-même. A force de persévérance – et d’une chance insolente, les coups tranchants d’Erik, et de mes mains magiques vinrent enfin à bout du nécromancien.
Un trou béant apparu sous ses pieds, et il fut aspiré en moins d’une seconde dans le gouffre menant aux enfers, qui se referma aussitôt. Les morts-vivants tombèrent d’un même ensemble au sol, mais il n’en était pas de même pour les trolls.
Geld venait de tomber inconscient au sol, ma vie ne tenait qu’à un fil, Erik et Istok n’en menaient pas large. Il fut donc normal de râler quand Grydin se rendit compte qu’il lui restait des potions de soin. Laissant mes amis reprendre des forces en tenant bon face aux trolls, je courus comme si ma vie en dépendait – ce qui était effectivement le cas, mais aussi celle de mon équipe – trouver les villageois et leur crier de former un bûcher au centre du village au plus vite. Je repartis de plus belle aux côtés d’Erik. Il était mal en point, aussi j’attirais l’attention du troll sur ma personne. Cela paya, car il finit enfin par retomber inconscient, malheureusement, il mit un coup dévastateur juste avant qui m’allongea au sol brutalement. Dans les méandres du chemin vers la mort, je n’étais qu’à un pouce de rejoindre Morn à jamais.
Je revins à la vie grâce à une potion de Grydin, et sortant des nuages sombres de la mort, je me remis à la tâche de vaincre les trolls. Geld avait lui aussi eu une potion de soin, et nous entreprîmes tous ensemble, villageois et nous, de brûler les trolls inconscients.
Enfin… Enfin nous avions vaincus. Nous sommes passés encore une fois à un cheveu de la mort – sûrement pas un des miens. Sigmeus n’était plus immortel et avait bel et bien quitté ce monde. Notre expérience s’en trouvait encore grandie, ainsi que nos bourses. L’argent récolté fut distribué en part égales, plus une part au village pour les aider à la reconstruction. Nous décidâmes aussi de récupérer la tour du feu magicien, en scellant la trappe, pour en faire un foyer, notre foyer.
Et si vous croyez que l’avenir est devenu paisible, détrompez-vous. Rien que le partage de chambre nous ramena en pleine bataille.
Aboli bibelot d'inanité sonore.

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